Apnée du sommeil et espérance de vie : ce qu’il faut savoir

Par Valentine Richard

Publié le 11/12/2025

Apnée du sommeil et espérance de vie : ce qu'il faut savoir

L’apnée du sommeil ne se résume pas à des ronflements bruyants. Non traitée, elle épuise le cœur, fragilise le cerveau et peut réduire l’espérance de vie. La bonne nouvelle, c’est qu’un diagnostic précoce et des traitements simples peuvent inverser la tendance. Voici l’essentiel à connaître pour protéger votre santé, avec des repères concrets et des conseils applicables dès ce soir.

💡 À retenir

  • Environ 3 à 7 % de la population adulte souffre d’apnée du sommeil.
  • Les personnes non traitées peuvent avoir une espérance de vie réduite de 10 ans.
  • Les traitements comme la PPC (pression positive continue) peuvent prolonger l’espérance de vie.

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?

L’apnée du sommeil est un trouble respiratoire nocturne caractérisé par des arrêts ou des diminutions du flux d’air qui perturbent le sommeil et privent l’organisme d’oxygène. Elle se manifeste souvent par des ronflements, des pauses respiratoires observées par l’entourage, un sommeil non réparateur et une somnolence diurne.

On estime que 3 à 7 % des adultes en sont concernés, souvent sans le savoir. Chez certaines personnes, ces événements surviennent des dizaines de fois par heure, avec des micro-réveils répétés qui épuisent l’organisme. Résultat possible au réveil : maux de tête, bouche sèche, irritabilité, difficultés de concentration.

Définition et types

On distingue trois formes. La plus fréquente, l’apnée obstructive du sommeil, survient lorsque les voies aériennes supérieures s’affaissent pendant la nuit, empêchant l’air de passer. La personne fait des efforts respiratoires, mais l’air ne circule pas correctement.

L’apnée centrale est plus rare : le cerveau n’envoie plus de signal respiratoire pendant quelques secondes. Il existe aussi des formes mixtes qui combinent les deux mécanismes. Exemple concret : Sophie, 39 ans, se plaignait d’un réveil en sursaut avec sensation d’étouffement. Sa polysomnographie a montré des apnées obstructives répétées, expliquant sa fatigue chronique et ses troubles de l’humeur.

Facteurs de risque

  • Excès de poids et tour de cou important
  • Âge et sexe masculin avant la ménopause
  • Alcool le soir, sédatifs, tabagisme
  • Morphologie des voies aériennes (mâchoire reculée, cloison nasale déviée)
  • Antécédents familiaux et congestion nasale chronique

Impact de l’apnée du sommeil sur l’espérance de vie

Ce trouble ne se limite pas à la fatigue. Les hypoxies répétées et le sommeil fragmenté augmentent l’activité du système nerveux sympathique, favorisent l’inflammation et le stress oxydatif. À la clé : hypertension, troubles du rythme cardiaque, infarctus, AVC, diabète de type 2 et déclin cognitif. Chez les personnes à risque cardiovasculaire, l’apnée du sommeil accélère souvent l’aggravation des maladies existantes.

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Sans prise en charge, l’espérance de vie peut être réduite d’environ 10 ans, surtout en cas de forme modérée à sévère. Plusieurs cohortes ont montré un risque de mortalité toutes causes confondues multiplié par 1,5 à 3 chez les patients non traités. À l’inverse, le traitement améliore les marqueurs cardiovasculaires, la qualité de vie, la vigilance au volant et la productivité au travail.

Études et statistiques

Quelques repères utiles pour mieux comprendre l’ampleur du phénomène.

  • Les formes sévères non traitées sont liées à une hausse marquée des événements cardiovasculaires, en particulier l’hypertension résistante et les fibrillations auriculaires.
  • Le risque d’accidents de la route augmente nettement avec la somnolence diurne, mais retombe après une prise en charge efficace.
  • Les patients observants sous PPC voient diminuer la pression artérielle nocturne et la récurrence des apnées, avec une amélioration du sommeil profond.

Traitements disponibles

Traitements disponibles

Tout commence par un diagnostic, généralement via une polysomnographie en laboratoire ou une polygraphie respiratoire à domicile. Le rapport inclut l’Index d’Apnées-Hypopnées (IAH) qui classe la sévérité : léger, modéré ou sévère. Une discussion avec un spécialiste du sommeil permet ensuite de choisir la stratégie la plus adaptée à votre profil et à vos préférences.

La référence reste la PPC (pression positive continue), qui maintient les voies aériennes ouvertes grâce à un flux d’air doux via un masque facial ou nasal. Marc, 52 ans, a vu disparaître ses endormissements au volant après quelques semaines de PPC. Pour certains profils, une orthèse d’avancée mandibulaire peut suffire, surtout en apnées légères à modérées, en repositionnant la mâchoire pour dégager la langue et libérer le passage de l’air.

Solutions médicales

  • PPC : traitement de première intention en cas d’apnée modérée à sévère. Elle réduit la majorité des événements respiratoires et améliore la vigilance. Des réglages précis et un bon masque font toute la différence.
  • Orthèse d’avancée mandibulaire : appareil sur mesure réalisé par un dentiste formé. Efficace chez de nombreux patients non obèses et ceux qui dorment surtout sur le dos.
  • Appareils auto-ajustables (APAP) et humidification : confort accru, meilleure tolérance, limitation de la sécheresse buccale et nasale.
  • Rééducation orofaciale et thérapie positionnelle : exercices de la langue et du voile du palais, dispositifs pour favoriser le sommeil latéral.
  • Chirurgie ciblée ou stimulation du nerf hypoglosse : options spécialisées après évaluation anatomique, si les traitements non invasifs échouent.
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Un point clé pour prolonger l’espérance de vie : la régularité. Quatre heures d’utilisation par nuit au minimum, tous les jours, offrent des bénéfices concrets. Astuces utiles : essayer plusieurs masques, ajouter un humidificateur, nettoyer régulièrement l’équipement, et travailler l’ajustement avec l’équipe soignante.

Prévention et conseils pratiques

Certains gestes simples réduisent la sévérité des symptômes et soutiennent les traitements. Ils agissent sur les causes réversibles et améliorent la qualité du sommeil. Si vous vous reconnaissez dans les symptômes typiques, parlez-en à votre médecin ou à un spécialiste du sommeil. Un dépistage précoce de l’apnée du sommeil change souvent la trajectoire de santé à long terme.

Dans la vie quotidienne, l’objectif est d’ouvrir les voies aériennes, de stabiliser la respiration et d’éviter les facteurs qui relâchent trop les muscles de la gorge. Un oreiller adapté, une chambre aérée et une routine régulière font déjà une vraie différence. Les familles jouent un rôle clé en observant les pauses respiratoires et en encourageant une consultation.

Améliorations du mode de vie

  • Perte de 5 à 10 % du poids : même modeste, elle réduit la pression sur les voies aériennes et peut abaisser l’IAH.
  • 150 minutes par semaine d’activité physique : marche rapide, vélo ou natation améliorent le tonus des muscles pharyngés et la santé cardio-métabolique.
  • Sommeil sur le côté : un t-shirt avec balle de tennis cousue dans le dos décourage la position dorsale qui aggrave les apnées.
  • 3 heures avant le coucher, éviter alcool et sédatifs : ils accentuent l’affaissement des tissus et les ronflements.
  • Hygiène nasale et arrêt du tabac : sprays salins, traitement des allergies et sevrage tabagique améliorent le passage de l’air.

Exemples concrets à tester ce soir : dîner léger, éteindre les écrans 60 minutes avant le coucher, respirations nasales profondes pendant 5 minutes, coucher et lever à horaires réguliers, chambre à 18–19 °C. Si vous utilisez une PPC, mettez-la dès l’extinction de la lumière. Et si la gêne persiste, demandez un rendez-vous de suivi pour optimiser l’ajustement. Grâce à une prise en charge cohérente, l’apnée du sommeil cesse d’écourter la vie et redevient un trouble maîtrisé

Valentine Richard

Je suis Valentine Richard, passionnée par la sexualité et l'exploration des relations humaines. À travers mon blog, je partage des réflexions et des conseils pour vivre sa sexualité de manière épanouissante et authentique. Rejoignez-moi pour des échanges sincères et enrichissants.

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