Un doigt gonflé qui plie mal freine les gestes du quotidien, de l’ouverture d’un bocal à la saisie au clavier. La cause peut être bénigne ou révéler un problème qui nécessite des soins rapides. Reconnaître les signes, adopter les bons gestes et savoir quand consulter vous aide à récupérer plus vite et à éviter les complications. Voici un guide clair et pratique pour y voir plus clair.
💡 À retenir
- Près de 30% des douleurs articulaires sont causées par des inflammations
- Les traumatismes des doigts représentent environ 10% des blessures aux membres supérieurs
- Les infections des doigts peuvent mener à des complications si non traitées
Causes communes d’un doigt gonflé

Un doigt gonflé s’accompagne souvent de raideur, douleur à la flexion, chaleur locale, rougeur et parfois d’une sensation de tension sous la peau. Quand la flexion devient difficile ou douloureuse, c’est généralement le signe d’un phénomène inflammatoire, d’un traumatisme, d’une infection ou d’un problème articulaire.
Le contexte aide à orienter la cause: choc récent, petite plaie ou écharde, douleur qui s’installe au réveil, gonflement brutal après un effort, doigt qui “accroche” en se pliant. Rappel utile: près de 30% des douleurs articulaires sont d’origine inflammatoire et les traumatismes des doigts représentent environ 10% des blessures des membres supérieurs.
Infections et inflammations
Une plaie minime, une cuticule arrachée ou une piqûre peuvent suffire à déclencher une infection locale comme la paronychie ou le panaris. Signes d’alerte: douleur pulsatile, rougeur marquée, chaleur, gonflement progressif, parfois fièvre ou traînée rouge le long de la main. Non traitées, les infections peuvent s’étendre aux gaines des tendons ou à l’os et entraîner des complications fonctionnelles.
Côté inflammations non infectieuses, la goutte, une poussée d’arthrite ou une ténosynovite peuvent rendre un doigt gonflé et difficile à plier. La douleur est souvent plus intense au début du mouvement et la raideur matinale est fréquente. Des maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde se manifestent parfois par des épisodes de gonflement avec chaleur et sensibilité articulaires.
Traumatismes et chocs
Un “doigt coincé” sur un ballon, une chute, un écrasement par une porte ou un outil peut provoquer entorse, contusion, luxation ou fracture. Le gonflement survient rapidement, avec hématome possible et douleur vive à la pression. Un craquement au moment du choc, une déformation ou l’impossibilité de plier/étendre le doigt suggèrent une lésion plus sérieuse qui doit être évaluée sans tarder.
Pensez aussi aux lésions des tendons et des poulies des fléchisseurs chez les grimpeurs ou bricoleurs, et au “doigt à ressaut” après gestes répétitifs: le tendon frotte dans sa gaine, forme un nodule et le doigt accroche puis se débloque d’un coup, avec gonflement local.
Arthrose et problèmes articulaires
L’arthrose des articulations interphalangiennes entraîne des poussées de gonflement, douleurs lors de la prise en pince et nodules (Heberden ou Bouchard) sur les bords des articulations. Le doigt plie moins bien, surtout le matin ou après une activité prolongée. L’arthrite inflammatoire peut toucher plusieurs doigts, souvent de manière symétrique, avec chaleur et sensibilité au toucher.
D’autres causes existent: kystes mucoïdes près des ongles, kystes synoviaux, ténosynovites spécifiques des sportifs ou des travailleurs manuels, voire infection profonde de la gaine tendineuse (urgence). Devant une douleur intense, une fièvre ou une déformation, mieux vaut consulter rapidement.
Solutions et traitements pour soulager la douleur
Le bon traitement dépend de la cause. En première intention, le repos du doigt, l’application de froid et la surélévation calment l’inflammation et limitent l’œdème. Retirez vos bagues dès que le gonflement commence pour éviter un effet garrot. Si une plaie est présente, nettoyez-la doucement à l’eau et au savon, puis protégez-la avec une compresse propre.
Consultez sans attendre en cas de déformation, de perte de sensibilité, d’impossibilité totale de mouvement, de fièvre, de plaie profonde, d’écoulement de pus ou de douleur qui s’aggrave malgré les soins de base. Ces situations peuvent nécessiter imagerie, antibiotiques, drainage ou immobilisation.