La douleur sur le bord externe du pied peut gâcher une marche, un entraînement et même une simple journée debout. Quand cette gêne picote, brûle ou lance, le nerf sural est souvent en cause. Bonne nouvelle, on peut comprendre ce qui se passe et agir. Voici un guide clair et pratique pour identifier l’origine de votre douleur et trouver des solutions adaptées à votre quotidien.
💡 À retenir
- Le nerf sural est responsable de la sensation sur le côté extérieur du pied.
- Environ 10% des douleurs au pied sont liées à des problèmes nerveux.
- Les exercices de renforcement peuvent réduire les douleurs chroniques.
Qu’est-ce que la douleur sur le côté extérieur du pied ?
On parle de douleur côté extérieur pied lorsque la gêne se situe du bord latéral du talon jusqu’au petit orteil. Cette zone est innervée par le nerf sural, ce qui explique que la douleur puisse être de type brûlure, fourmillement ou choc électrique. Elle peut être mécanique, nerveuse ou mixte selon la cause, avec parfois une sensation d’engourdissement.
Dans la vie réelle, cela se manifeste souvent en fin de journée, après une randonnée sur terrain irrégulier, un footing avec chaussures serrées ou après une entorse ancienne qui « réveille » la région. La douleur côté extérieur pied peut aussi survenir au repos, typiquement le soir, lorsqu’elle a une composante nerveuse.
Cette douleur peut être confondue avec un problème des tendons fibulaires, une fracture de fatigue du cinquième métatarse ou un blocage du cuboïde. Environ 10% des douleurs au pied ont une origine nerveuse, d’où l’intérêt de bien distinguer les causes pour cibler le bon traitement.
Causes de la douleur liée au nerf sural
Le nerf sural peut être irrité ou comprimé le long de son trajet. Des chaussures rigides ou un laçage qui comprime la cheville, des chaussettes à bord serré, une cicatrice après entorse, une inflammation locale ou un œdème peuvent déclencher une compression. Les terrains en dévers et les mouvements répétés d’inversion du pied accentuent la traction sur ce nerf.
Après une entorse, des adhérences cicatricielles peuvent emprisonner le nerf sur la partie postéro-latérale de la cheville. Une surcharge de course en descente, un volume d’entraînement qui augmente trop vite ou un appui exagéré sur le bord externe du pied favorisent aussi l’irritation nerveuse. Parfois, des varices locales ou une petite masse bénigne créent un conflit mécanique.
Anatomie du nerf sural
Le nerf sural naît à l’arrière de la jambe, descend entre les jumeaux du mollet, contourne la malléole externe et se termine sur le bord latéral du pied jusqu’au cinquième orteil. Il véhicule la sensibilité cutanée latérale du talon, de la cheville et du pied. C’est pourquoi une irritation à n’importe quel point de ce trajet peut donner une douleur côté extérieur pied qui semble « se propager ».
Autres causes de douleur au pied
Tout n’est pas nerveux. Voici des causes mécaniques fréquentes qui miment une douleur côté extérieur pied et nécessitent un traitement différent :
- Tendinopathie des fibulaires avec douleur à l’éversion contre résistance
- Syndrome du sinus du tarse avec instabilité et douleur à la face antéro-latérale
- Fracture de fatigue du cinquième métatarse avec douleur à la palpation osseuse
- Subluxation du cuboïde chez les sportifs avec douleur pointue au pas
- Arthrose ou irritation de l’articulation métatarso-cuboïdienne latérale
Symptômes associés
Une irritation du nerf sural donne souvent des sensations de brûlure, de fourmillements, de décharges électriques ou une hypersensibilité au toucher. Le bord externe peut paraître engourdi, avec une zone de hypoesthésie près de la malléole. Le contact d’une chaussure ou d’une chaussette peut devenir désagréable, signe d’allodynie.
La douleur augmente à la marche rapide, en descente, lors des mouvements d’inversion ou après une journée debout. Certains décrivent une douleur côté extérieur pied la nuit, calmée par le déchaussage et l’élévation du pied. Si la douleur réveille en permanence ou s’accompagne de fièvre et d’un gonflement important, il faut consulter rapidement.
Cas réel inspiré du terrain : Lucas, 34 ans, coureur de trail, ressent des brûlures au bord externe du pied droit après avoir serré ses chaussures pour une descente technique. Tester un laçage plus souple, réduire le dévers et commencer des exercices de désensibilisation ont fait disparaître la gêne en trois semaines.
Diagnostic et examens

Le diagnostic est d’abord clinique. Le professionnel de santé palpe le trajet du nerf sural pour rechercher un point précis douloureux et un signe de Tinel déclenchant des picotements vers le pied. Il vérifie la sensibilité cutanée latérale, compare les côtés, et teste les tendons fibulaires et les articulations voisines pour écarter les causes mécaniques.
Quand on suspecte une cause structurelle, l’échographie visualise une bursite, une synovite, un épaississement cicatriciel ou un petit kyste. L’IRM est utile si l’on craint une fracture de fatigue ou une atteinte tendineuse associée. Les examens neurophysiologiques comme l’électroneuromyogramme sont moins contributifs pour le nerf sural mais peuvent aider dans certains cas complexes.
Un test très parlant est le bloc anesthésique diagnostique : une faible dose d’anesthésique injectée autour du nerf, sous contrôle échographique, qui fait disparaître la douleur côté extérieur pied pendant quelques heures. Si la douleur s’éteint, l’origine nerveuse est confirmée.
Évaluer la douleur
Pour préparer votre consultation et orienter le diagnostic, notez pendant quelques jours :
- Le type de douleur ressentie brûlure, picotement, choc, engourdissement
- Les déclencheurs chaussure serrée, terrain en dévers, fin de journée
- La localisation exacte avec un doigt et l’irradiation éventuelle
- Ce qui soulage déchaussage, glace, repos, changement de laçage
- L’intensité sur 10 et l’heure d’apparition
Signaux d’alerte qui justifient un avis rapide : douleur brutale après un faux pas, impossibilité d’appuyer, déformation, fièvre, rougeur diffuse, perte de sensibilité qui progresse.
Options de traitement et soulagement
Le traitement vise à calmer l’inflammation locale, réduire la pression sur le nerf et corriger les facteurs mécaniques. Au début, privilégiez le repos relatif, adaptez les chaussures et évitez les terrains qui majorent la douleur côté extérieur pied. Une poche de glace 10 à 15 minutes, deux à trois fois par jour, aide à diminuer l’irritation.
Un podologue peut proposer une semelle avec soutien de l’arche et contrôle de la supination pour limiter la traction latérale. Un kinésithérapeute guide la désensibilisation cutanée, les techniques de glissement nerveux et le renforcement des fibulaires. Les résultats sont généralement bons en quelques semaines lorsque la prise en charge est régulière.
Médicaments et thérapies
Pour les phases douloureuses, les antalgiques simples et les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent aider sur de courtes périodes. En cas de douleur neuropathique marquée, des traitements spécifiques comme la lidocaïne topique ou des molécules neuromodulatrices peuvent être discutés avec un médecin. Les techniques ciblées incluent :
- Infiltration cortisonée faible dose autour du nerf en cas d’inflammation
- Hydrodissection échoguidée pour libérer le nerf coincé dans une adhérence
- Thérapie manuelle douce et travail des tissus cicatriciels
Dans de rares cas réfractaires, une libération chirurgicale peut être proposée après échec des traitements conservateurs. Cette décision se prend avec un chirurgien du pied et de la cheville.
Exercices de renforcement et d’étirement
Les exercices structurés améliorent la tolérance du nerf et stabilisent la cheville. Ils sont un pilier du traitement, d’autant que les exercices de renforcement réguliers réduisent la douleur chronique. Voici un programme type à adapter avec votre kinésithérapeute :
- Glissements du nerf sural assis cheville en flexion plantaire et inversion, puis retour, 2 séries de 10 mouvements sans douleur
- Renforcement des fibulaires avec élastique éversion du pied, 3 séries de 12
- Étirement du mollet jambe tendue puis fléchie 30 secondes, 2 à 3 fois
- Proprioception appui unipodal yeux ouverts puis fermés 3 x 30 secondes
- Auto-désensibilisation toucher léger, tissu doux, puis brosse souple, 2 minutes
Pratiquez ces exercices 3 à 4 fois par semaine en respectant une douleur acceptable. Si la douleur côté extérieur pied augmente durablement après la séance, réduisez l’intensité ou le volume le lendemain et demandez l’avis de votre thérapeute.
Prévention et bonnes pratiques
Protéger la zone latérale du pied repose sur des habitudes simples. Le choix des chaussures compte : optez pour un contrefort stable, un avant-pied suffisamment large et un laçage qui ne serre pas la malléole externe. Alternez les paires au fil de la semaine pour varier les contraintes et évitez les terrains en dévers prolongés au début de la reprise.
- Augmentez vos charges d’entraînement de 10 à 15% maximum par semaine pour garder une progressivité saine
- Adoptez un laçage parallèle autour de la malléole pour limiter la pression latérale
- Entretenez le renforcement des fibulaires et la proprioception 5 à 10 minutes en fin de séance
- Surveillez l’usure des semelles et remplacez-les dès qu’elles s’affaissent
- Hydratez la peau et vérifiez les coutures de chaussettes pour éviter les zones de frottement
Si malgré ces mesures la douleur côté extérieur pied persiste au-delà de deux à trois semaines, ou si elle s’accompagne d’engourdissements importants, consultez un professionnel pour affiner le diagnostic et adapter le traitement