Un bilan sanguin peut sembler mystérieux quand on découvre ses premières analyses. En réalité, il s’agit d’un outil simple et précieux pour faire le point sur votre santé, repérer des déséquilibres et suivre un traitement. Ce guide vous aide à comprendre ce que couvre un bilan sanguin complet, la liste des examens les plus fréquents et la manière d’interpréter vos résultats sans stress. Des exemples concrets et des conseils pratiques vous accompagnent à chaque étape.
💡 À retenir
- Environ 80% des décisions médicales se basent sur des examens sanguins.
- Un bilan sanguin peut détecter des maladies comme le diabète ou des problèmes hépatiques.
- Les valeurs de référence peuvent varier selon l’âge et le sexe.
Qu’est-ce qu’un bilan sanguin complet ?
Un bilan sanguin complet regroupe plusieurs analyses réalisées à partir d’une simple prise de sang. L’objectif est d’évaluer l’état général de votre organisme, de dépister des maladies silencieuses et de suivre l’efficacité d’un traitement. Il n’existe pas un “pack” identique pour tout le monde. Le médecin choisit les examens selon vos symptômes, vos antécédents et votre âge.
La prise de sang se fait au laboratoire, parfois à jeun 8 à 12 heures selon les analyses demandées. Les résultats sont ensuite interprétés à la lumière de votre contexte clinique. Certains tests explorent les cellules du sang, d’autres mesurent des enzymes, des hormones, des lipides ou des minéraux. Par exemple, la Numération formule sanguine (NFS) vérifie globules rouges, globules blancs et plaquettes, tandis que d’autres bilans contrôlent le métabolisme du sucre, le foie ou les reins.
Pourquoi réaliser un bilan sanguin ?
Un bilan sanguin complet sert à faire un point de santé, à confirmer une suspicion clinique ou à surveiller une pathologie connue. Il permet de détecter précocement des problèmes avant l’apparition de symptômes, ce qui facilite la prise en charge et réduit les risques de complications.
- Dépistage silencieux de troubles fréquents comme le diabète, l’excès de cholestérol ou l’anémie.
- Suivi de traitements, par exemple pour la thyroïde, l’hypertension ou la prise de statines.
- Bilan avant chirurgie, grossesse ou reprise du sport après un arrêt prolongé.
- Exploration de symptômes persistants comme fatigue, perte de poids, essoufflement ou douleurs.
Exemple concret. Vous vous sentez épuisé depuis plusieurs semaines. Le médecin demande une NFS et la ferritine. Un taux d’hémoglobine bas et une ferritine abaissée orientent vers une carence en fer, souvent liée à des règles abondantes ou à des apports insuffisants. Autre cas. Des douleurs abdominales et un teint jaunâtre motivent un dosage des enzymes hépatiques et de la bilirubine pour rechercher une atteinte du foie.
Liste des examens d’un bilan sanguin complet

Il n’existe pas un modèle unique. Un bilan sanguin complet s’adapte à la situation. Le laboratoire fournit des valeurs chiffrées et une indication des plages usuelles, mais l’interprétation revient au professionnel de santé. Vous pouvez retrouver ci-dessous les examens les plus courants et leur utilité pour comprendre l’ensemble.
Avant la prise de sang, renseignez-vous sur le jeûne, les médicaments à prendre le matin et l’heure recommandée. Certains marqueurs comme le cortisol varient selon le moment de la journée. En cas de doute, demandez une fiche d’instructions au laboratoire.
Les différents types d’analyses
Hématologie. La NFS évalue les globules rouges (hémoglobine, hématocrite, VGM), les globules blancs et les plaquettes. Elle détecte anémies, infections et troubles de la coagulation. La NFS est souvent la première ligne d’exploration d’une fatigue ou d’infections répétées.
Inflammation et infection. La CRP et la vitesse de sédimentation (VS) augmentent en cas d’inflammation. Une CRP élevée peut orienter vers une infection bactérienne ou une poussée inflammatoire. Le typage des globules blancs aide à différencier bactéries et virus.
Métabolisme du sucre. La glycémie à jeun évalue le sucre sanguin au repos. L’HbA1c reflète l’équilibre glycémique sur environ trois mois. Ces examens servent au dépistage et au suivi du diabète. Exemple. Une HbA1c supérieure ou égale à 6,5% motive une discussion avec le médecin sur le diagnostic et la prise en charge.
Profil lipidique. Cholestérol total, LDL, HDL et triglycérides. Un LDL élevé augmente le risque cardiovasculaire alors que le HDL protège. Un bilan complet tient compte d’autres facteurs comme l’âge, la tension artérielle et le tabac pour estimer le risque global.
Fonction hépatique. Les enzymes ALAT, ASAT, GGT, la phosphatase alcaline et la bilirubine évaluent le foie et les voies biliaires. Une élévation isolée ou combinée oriente vers des pistes différentes. Par exemple, GGT et ALAT élevées peuvent faire évoquer une stéatose hépatique. Les ALAT/ASAT guident le degré d’atteinte hépatique.
Fonction rénale. Créatinine et DFG estimé mesurent la filtration des reins. L’urée peut compléter l’évaluation. Une créatinine haute avec un DFG abaissé suggère une altération de la fonction rénale, à confirmer et à surveiller.
Ions et minéraux. Sodium, potassium, calcium, magnésium et chlorures maintiennent l’équilibre hydrique et nerveux. Des troubles du potassium peuvent provoquer fatigue, crampes ou palpitations. Le calcium est lié à la vitamine D et à la parathormone.
Fer et réserves. Fer sérique, ferritine, transferrine et coefficient de saturation. Une ferritine basse évoque souvent une carence martiale, très fréquente chez les femmes en âge de procréer. À l’inverse, une ferritine élevée peut signaler une inflammation ou une surcharge.
Thyroïde. TSH, T4 libre, parfois T3 libre. La TSH est la porte d’entrée. Une TSH élevée avec T4 basse oriente vers une hypothyroïdie. L’ajustement d’un traitement par lévothyroxine s’appuie sur la TSH à intervalles réguliers.
Coagulation. TP/INR et TCA contrôlent la capacité du sang à coaguler, utile avant une intervention ou chez les patients sous anticoagulants. Un INR trop élevé augmente le risque hémorragique, un INR trop bas réduit l’efficacité protectrice du traitement.
Protéines. Protéines totales et albumine évaluent l’état nutritionnel et certaines maladies hépatiques ou rénales. Une albumine basse peut accompagner une inflammation chronique ou des pertes rénales.
Vitamine D et B12. La vitamine D participe à la santé osseuse et musculaire. Une baisse est fréquente en hiver ou en cas d’exposition solaire limitée. La B12 est importante pour les globules rouges et le système nerveux, notamment chez les personnes végétaliennes non supplémentées.
Marqueurs spécifiques selon contexte. PSA chez l’homme pour la prostate, sérologies d’immunité ou d’infection, bilan auto-immun en cas de suspicion de maladies systémiques. Ces examens sont ciblés et ne figurent pas systématiquement dans un bilan de routine.
Exemples pratiques. Une personne qui prépare un marathon peut avoir un contrôle fer, NFS, fonction rénale et ionogramme. Une patiente enceinte bénéficie d’analyses adaptées au suivi de grossesse. Un patient sous statines suit régulièrement son profil lipidique et parfois ses enzymes hépatiques.
Conseils utiles. Préparez une liste de vos médicaments, compléments et plantes, car certains influencent les résultats. Hydratez-vous correctement le jour du prélèvement sauf consigne contraire. Si un jeûne est demandé, ne consommez ni boisson sucrée ni café au lait, uniquement de l’eau.
Interprétation des résultats
Recevoir ses résultats peut inquiéter, surtout en cas de valeurs en dehors des plages indiquées. Un bilan sanguin complet se lit toujours avec le contexte clinique et les antécédents. Une valeur légèrement au-dessus ou au-dessous n’est pas forcément synonyme de maladie. Les tendances dans le temps et l’association de plusieurs paramètres sont souvent plus parlantes qu’une mesure isolée.
Décryptez la logique générale. La NFS renseigne sur l’oxygénation et l’immunité, la CRP sur l’inflammation, la glycémie et l’HbA1c sur l’équilibre du sucre, le bilan lipidique sur le risque cardiovasculaire, le foie et les reins sur l’élimination des toxines. Chaque groupe d’analyses apporte une pièce du puzzle. Discutez toujours des résultats avec votre médecin, surtout si des symptômes persistent ou si les chiffres s’éloignent franchement des plages usuelles.